Se poser la question du passage en société est une étape clé dans la vie d’un entrepreneur en Polynésie. Contrairement à la métropole, la fiscalité locale change complètement les règles du jeu.
Pour illustrer concrètement, prenons un cas réel 👇
👤 Le profil : Teva et son entreprise Manumanu
- Activité : services (éditeur / prestations digitales)
- Chiffre d’affaires : 15 millions XPF
- Charges : 4 millions XPF
- Rémunération actuelle : 8 millions XPF
👉 Résultat : 3 millions XPF
⚠️ Le problème : rester en entreprise individuelle
En Polynésie, une entreprise individuelle est soumise à l’impôt sur les transactions, basé sur le chiffre d’affaires.
📊 Situation de Teva en entreprise individuelle
👉 Il est imposé sur 15 millions XPF, pas sur son bénéfice.
💸 Estimation de l’impôt :
- ≈ 750 000 à 1 200 000 XPF
❌ Ce que ça signifie concrètement
- Il paie de l’impôt même si ses marges baissent
- Il n’a aucun levier pour optimiser
- Tout ce qu’il gagne remonte directement dans son revenu personnel
👉 Résultat : une fiscalité subie
🏢 Et s’il passait en société (EURL ou SASU) ?
En société, on change totalement de logique :
👉 imposition sur le bénéfice, pas sur le chiffre d’affaires
📊 Situation en société
- Résultat : 3 millions XPF
- Impôt sur les sociétés ≈ 750 000 XPF
👉 À première vue, peu de différence
Mais c’est trompeur.
🔑 Le vrai levier : la stratégie de rémunération
Aujourd’hui, Teva se verse 8 millions XPF.
En société, il peut adapter sa rémunération.
💡 Exemple concret optimisé
Teva décide de :
- se verser 5,5 millions XPF
- laisser le reste dans la société
📊 Nouveau calcul
- CA : 15 M
- Charges : 4 M
- Rémunération : 5,5 M
- Résultat : 5,5 M
👉 Impôt société ≈ 1,3 M XPF
🎯 Ce qui change réellement
Teva :
- réduit sa pression fiscale personnelle
- garde plus de trésorerie dans la société
- gagne en flexibilité
📉 Lisser sa fiscalité dans le temps
En société, Teva n’est plus obligé de tout prendre immédiatement.
💡 Exemple
- Année 1 : il se verse 5 M
- Il laisse 3–4 M en réserve
👉 Plus tard :
- il peut se verser davantage si besoin
👉 Résultat :
- pas de pic d’imposition
- meilleure gestion du revenu
🏦 Capitaliser dans son entreprise
C’est le point le plus sous-estimé.
💡 En restant en EI
👉 Tout part en revenu personnel
➡️ peu de capacité à investir
💡 En société
Teva peut utiliser sa trésorerie pour :
- développer ses logiciels
- investir en marketing
- recruter
- sécuriser sa trésorerie
👉 Il transforme son activité en véritable actif
⚖️ EURL ou SASU : que choisir ?
✅ EURL
- charges sociales plus faibles
- plus simple à gérer
👉 idéale pour un entrepreneur seul
⚠️ SASU
- charges plus élevées
- plus flexible à long terme
👉 utile surtout pour croissance ou structuration avancée
🚨 Et l’exonération fiscale ?
Attention :
👉 En Polynésie, l’exonération d’impôt sur les sociétés (3 ans)
ne s’applique pas en cas de reprise d’activité existante
➡️ Dans le cas de Teva : non applicable
🎯 Conclusion : quand faut-il passer en société ?
👉 Le vrai seuil en Polynésie n’est pas seulement le chiffre d’affaires.
Mais dans la pratique :
🔥 À partir de 10–15 millions XPF de CA
ET
- une activité rentable
- une marge correcte
👉 La société devient pertinente
💬 Verdict pour Teva
- À 15 M de CA
- avec une activité de service à forte marge
👉 Passer en EURL est clairement recommandé
🧠 À retenir
👉 En Polynésie :
- EI = simple mais rigide
- Société = flexible et optimisable
👉 Le passage en société n’est pas une question de taille mais de pilotage financier !!!
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Si tu es dans une situation similaire à celle de Teva :
👉 la bonne décision dépend toujours de tes chiffres réels
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